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Hommage à Lionel Jospin : une conscience pour la gauche

35 heures, parité, solidarité: que reste-t-il de l'héritage de Jospin en 2026? 



Cécilia Gondard, conseillère des Français de l’étranger en Belgique, membre de l'Assemblée des Français de l'étyranger pour les Français du Benelux, membre de la direction du PS français (Secrétaire Nationale à l'Europe du PS) https://www.cecilia-gondard.fr/ - Seule élue socialiste du Conseil consulaire de Belgique. 


 

J’avais 17 ans quand Lionel Jospin est devenu Premier Ministre (1997-2002). Je n’avais jamais connu d'autre Président de la République que François Mitterrand. Adolescente au début des années 90, la génération de mes parents (les  boomers originels), nostalgiques des Trente Glorieuses, ne parlaient que de récession, de hausse du chômage, et d’absence de perspectives d’avenir pour notre génération. La priorité donnée par Jospin à l’emploi des jeunes et à la réforme du système éducatif a été une véritable rupture: c’était une lueur d’espoir pour ma génération, loin des discours défaitistes à tendance moralisateurs sur la crise économique et la mondialisation. Cette gauche de gouvernement de Jospin, d'Aubry, qui faisait monter au gouvernement les Verts et les Communistes pour former une gauche plurielle, a structuré la pensée socialiste de toute ma génération au Parti Socialiste français.

 Parmi ses réformes les plus marquantes, la mise en place des 35 heures demeure un symbole fort. Et tandis que l’épidémie silencieuse du burn-out touche près de 2,5 millions de personnes en France[1], et que 77% des Français jugent que le travail ne paie plus [2], le débat sur l’équilibre entre travail, vie personnelle et productivité, est plus que jamais d’actualité. Entre 1998 et 2002, la réduction du temps de travail a permis  la création de près de 350 000 postes, sans grand déséquilibre financier pour les entreprises[3]Mais au-delà de leur efficacité économique, les 35 heures, c’est l’affirmation que l’économie doit être au service de l’humain, et non l’inverse. Réduire le temps de travail pour mieux répartir l’emploi et améliorer la qualité de vie des travailleurs : voilà ce qui a redonné du sens à la notion de progrès social.

 

Le gouvernement Jospin a été précurseur sur les progrès sociétaux, fidèle au principe d’égalité.

 

Et la première des inégalités, c’est celle entre les femmes et les hommes. Les lois sur la parité lancées en 2000 ont transformé le paysage politique français en imposant des listes paritaires. Elles ont permis une féminisation massive des conseils municipaux (42,4 % en 2020) et régionaux (48 % en 2015), bien que la parité reste à faire pour les scrutins uninominaux (députés, maires, etc.).

 

Si la droite n’ose plus revenir sur le mariage pour tous aujourd’hui en France, c’est l’aboutissement d’un long combat. En 1999, la France a été parmis les premiers pays de l'Union Européenne à adopter un partenariat civil, rejoignant ainsi le Danemark (1989), la Suède (1995) et les Pays-Bas (1998). Elle témoigne de la capacité du socialisme à accompagner les transformations de la société et à défendre le principe d’égalité.

 

L’héritage des années Jospin, c’est aussi penser la solidarité comme un principe structurant. La création de la Couverture Maladie Universelle (1999) a permis l'accès aux soins des plus démunis.

 

Lionel Jospin incarne à jamais cette figure majeure du socialisme réformateur. Son action a profondément marqué la France et défini une gauche de gouvernement responsable, efficace économiquement, stable, et qui place l’humain et la solidarité au cœur de son projet de société.

[1] D’après une étude menée en 2022 par OpinionWay pour le cabinet Empreinte Humaine, 34 % des salariés seraient en burn-out, dont 13 % en burn-out sévère, représentant environ 2,5 millions de personnes.

[2] sondage ELABE pour BFMTV publié début février 2026

[3] Économie et Statistique n° 376-377 - 2004 La réduction du temps de travail, INSEE, 2005. 

 
 
 

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